Ce que le Danemark m'a appris sur le commun
Quatre semaines au Danemark cet été ont été l'occasion de ralentir, et d'observer une autre manière de faire société. J'en reviens avec des notes et surtout avec quelques questions, qui nourrissent déjà notre travail chez Sqwer.
Cet été, j'ai eu la chance de passer quatre semaines au Danemark, en famille. C'était pour ralentir un peu, mais aussi pour ressentir de l'intérieur une autre manière de penser la vie en société.
Je reviens avec beaucoup de notes et d'observations, ur le rapport au bien commun et aux communs, sur les manières d'habiter un lieu ensemble, dans sa vie personnelle comme professionnelle, sur ce que des groupes, des équipes et des collectifs très différents mettent en place pour décider, prendre soin, partager les contraintes et faire tenir une intention dans le temps. L'écovillage d'Andelssamfundet i Hjortshøj, au nord d'Aarhus, en est un bel exemple. Il compte 300 habitants et existe depuis plus de 40 ans, et pourtant on continue d'y innover.
Il y a peut-être un modèle danois. Mais il paraît difficile de l'importer tel quel dans le contexte français : les situations sont différentes, et les tensions aussi. Certaines questions, en revanche, font très bien le voyage :
– Que voulons-nous vraiment rendre commun ?
– Quelles décisions voulons-nous pouvoir prendre ensemble ?
– Quelles règles nous aident à coopérer, plutôt qu'à simplement cohabiter ?
– Quel rapport au travail voulons-nous développer dans notre société ?
– Que faut-il préserver quand l'organisation ou le groupe grandit, traverse des tensions ou change de direction ?
Je ramène ces questions dans les projets que nous menons chez Sqwer, dans les explorations et les accompagnements de Paradigmatic, et dans les conversations à venir avec celles et ceux qui veulent faire évoluer leur entreprise autrement. Elles nourrissent aussi ma propre organisation et mon rythme personnel. J'aimerais ensuite explorer comment des systèmes d'inspiration danoise pourraient trouver leur place dans nos organisations avec une question : comment construire des organisations capables de durer sans perdre ce qui leur donne du sens ? Des organisations qui prennent soin de ce qui rassemble plutôt que de ce qui sépare ?